Présenter un instantané des dernières évolutions de la création contemporaine, comme le font Les Urbaines, c’est chercher à offrir un terrain pour remodeler librement les contours du présent — et du futur — dans une démarche de remise en question.
Une remise en question de ce que la culture donne à voir d’abord. Car si le monde artistique peut être un lieu de contestation et d'ouverture, il se fait aussi souvent complice de schémas discriminatoires, liés aux genres, aux origines ou aux orientations sexuelles. La programmation de cette année est ainsi plus que paritaire, largement queer et vise à décoloniser les arts.
Une interrogation sur les frontières entre disciplines artistiques également. En montrant les pratiques multiformes de plusieurs artistes — à l’image de Ceylan Öztrük ou Brandon Covington Sam-Sumana (alias N-Prolenta) qui se produisent respectivement à l’Arsenic et au Bourg en plus de leur participation à l’exposition de l’Espace Arlaud —, la programmation souligne la fluidité des canaux d’expressions et des influences dans une perspective transdisciplinaire chère au festival.
Un questionnement de nos représentations et modes de pensées enfin. En réinventant sans cesse formes et discours, les artistes présenté.e.x.s nous invitent à appréhender la réalité autrement, pour l’augmenter de nouvelles synthèses, de nouveaux langages, d’autres possibles.
À nous d’activer ce potentiel. À nous d’expérimenter, ressentir, penser. À nous de développer de nouveaux imaginaires à la rencontre des esthétiques émergentes.

Excellent festival!

Ysaline Rochat & Samuel Antoine

Presenting a snapshot of the latest evolutions in contemporary creation, as Les Urbaines does, is an attempt to offer up a terrain in which the contours of the present — and the future — can be freely remodelled in a questioning approach.
An approach that challenges what culture allows us to see. Because although the artistic world can be a locus of contestation and open-mindedness, it can also be complicit in discriminatory patterns linked to gender, origin or sexual orientation. This year’s programme redistributes the gender balance, is decisively queer-leaning and aims to decolonise the arts.
An interrogation of the boarders between artistic disciplines. In showcasing the protean practices of several artists — such as Ceylan Öztrük or Brandon Covington Sam-Sumana (alias N-Prolenta), who are presenting work at the Arsenic and Le Bourg respectively, as well as participating in the exhibition at the Espace Arlaud — the programme highlights the fluid nature of modes of expression and influences, in a transdisciplinary perspective that is dear to the festival.
A sounding out of our representations and modes of thought. By constantly reinventing forms and discourses, the presented artists invite us to experience reality differently, augmenting it with new syntheses, new languages, new possibilities. It is up to us to activate this potential. Up to us to experiment, feel, think. Up to us to develop new forms of imagination in the encounter with emerging aesthetics.

Have a great festival!

Ysaline Rochat & Samuel Antoine